Inteview de Marylène LE SCANF , kinésithérapeute.

Marylène, quels soucis physiques sont apparus durant l’épreuve 2004 ?                                            

                MLS : Essentiellement des problèmes musculaires à type de contractures, crampes, courbatures, des problèmes tendineux (tendinites) mais également des problèmes cutanés (échauffements, ampoules…), des états de fatigue et de déshydratation

Quel est le rôle du kiné dans ce genre d’épreuve ?

                MLS: Evidemment soulager les douleurs et aider les coureurs qui le peuvent à aller jusqu’au bout sans trop de dégâts, les encourager. On a un rôle de surveillance, de conseil en terme de nutrition et d’hydratation. Parfois malheureusement, en partenariat avec les médecins et les infirmières, il nous faut convaincre certains d’abandonner.

Il y aura sans doute des coureurs moins spécialisés dans cette épreuve qui vont la tenter pour la première fois, qu’est ce que l’on peut craindre en traumatisme ?

                MLS: Ce ne sont pas les traumatismes que l’on va craindre mais la fatigue générale, la déshydratation, la fatigue musculaire, articulaire et tendineuse, et bien sûr le « mental qui flanche ».

Quel conseil peux-tu donner aux nouveaux coureurs sur cette épreuve ?

                  MLS : Bien se préparer physiquement et psychologiquement, bien soigner la moindre douleur qui apparaît pendant les entraînements et en rechercher la cause, ne pas négliger les échauffements et les étirements lors de chaque séance de préparation et surtout bien s’hydrater pour éliminer les toxines.

Trouver des médecins, des kinés et des infirmières n’est pas facile, qu’est ce qui vous motive ?

                    MLS : Travailler en équipe pour des coureurs extrêmes, découvrir un nouveau terrain d’activité, participer à un événement exceptionnel sur la commune.

Sur 24 heures, quelle est l’heure la plus fatidique pour les compétiteurs ?

                    MLS : Il n’a pas d’heure fatidique à proprement parler, elles sont toutes difficiles, mais le milieu de la nuit ( de la 10ème heure jusqu’à l’aube) doit être rude du fait de la fatigue, de la nuit, du manque de public encourageant. Les dernières heures de course seront évidemment très éprouvantes également, mais quant on voit le bout…

Est ce que le coureur d’ultra-marathon t’impressionne ou te fait peur ?

                    MLS : Ce sont des gens fascinants qui vont au bout d’eux-même et des possibilités de leur corps. Evidemment, ça m’impressionne. Il faut connaître son corps et ses réactions sur le bout des doigts pour savoir appréhender la moindre défaillance. Cependant certains coureurs me font peur : on dit bien « ultra », ça veut dire au delà, au delà des possibilités physiologiques de certains organismes ; il faut savoir s’arrêter quand le corps le réclame

Un dernier mot aux participants pour ces deux journées ?

                    MLS : Soyez conscients de participer à un événement exceptionnel et offrez-nous un beau spectacle. Je vous souhaite à tous bon courage. Mais souvenez-vous, l’essentiel est de participer.

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